On me demande d’écrire un texte d’un amour impossible de l’Italie au Québec.
Je ne connais pas grand-chose aux amours impossibles, personnellement, je les évite. Mais voici le début :
On m’a dit que bientôt, Venise sera ensevelie par les eaux. J’étais dans l’avion. J’écoutais la voix d’un Charles Teysseres français qui disait que c’était inévitable : tôt ou tard, Venise serai noyée. Après le feu de Pompéi et l’eau de Venise, tu restes là quand même. Tu me dis que tu n’as pas peur des catastrophes. Que la destruction n’a rien d’immonde si on garde les yeux ouverts pour la voir.
Tu n’as pas peur des catastrophes. Mais que sais-tu des catastrophes, la déchirure fait toujours plus mal en vrai qu’en idées, parce qu’on n’y peut rien, que les catastrophes, que les inondations qui avalent des villes millénaires, qui les volcans qui explosent et endorment pour toujours, les coeurs brisés, tout ça, c’est inévitable, c’est dans l’ordre des choses, mais l’ordre des choses est violent, il ne laisse jamais le temps, et toi, tu dis que la destruction n’est pas immonde, qu’il faut juste la regarder passer.
Vivrais-tu dans nous si nous étions des ruines ?
Les peintres, les photographes s’intéressent souvent plus aux ruines qu’aux bâtiments qui tiennent encore debout
C’est facile je trouve. C’est facile de s’intéresser à ce qui a été, ça ne demande rien.
Ça demande le renoncement. Le renoncement de ce qui aurait pu être, parce que les ruines ne sont jamais rien d’autre que la certitude qu’il n’y a plus rien.
– Emmy Lapointe
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