Commande pour Naëlle

« J’aimerais avoir une histoire sur le Château Frontenac. »

J’ai ouvert les yeux. Le château se dressait, majestueux, devant moi.
Ma mère a posé ses yeux sur moi:

  • «Bonne fête mon lapin.»

Je n’en revenais pas. Depuis le temps que j’en parlais. svpmamanestcequonpeutallerdansunchateausvpsvpsvpsvpsvp. Mais c’est jamais arrivé. Pis au final, je comprenais. Aussi, vu que ma fête est en même temps que Noël, on fait rien de spécial, d’habitude.  J’ai fini par m’habituer à ça. Aussi parce qu’on n’a pas beaucoup de sous et ça me dérange pas, au final, que ma fête et Noël soient fêtés ensemble. C’est correct. Sauf que là…

Mes yeux étaient toujours fixés sur le Château, illuminé pour le temps des fêtes. Je ne disais rien. J’étais trop sous le choc. 

C’est comme si maman avait deviné ma question avant même que je la formule.

  • «Oui, on va dormir là. Es-tu contente? »

Mes yeux se sont illuminés. Il y avait un côté de moi qui était littéralement en train de danser et tournoyer dans la mythique salle de bal du château, mais il y en avait aussi un qui se sentait complètement submergé par le stress, quelqu’un part dans un placard à balais, ou je ne sais pas trop. J’aurais voulu être juste contente, mais je pense que je me demandais trop comment maman avait pu faire pour nous acheter ça. Encore une fois, on dirait que maman a deviné mon émotion, avant même que je puisse formuler clairement comment je me sens.

  • « Stresse pas, mon lapin. On va être bien, tu vas voir. Pis penses pas à l’argent, c’est l’affaire des adultes. T’as le droit d’être une enfant, Clara. Pis tu vas voir, ça vient vite. Profite de tes 9 ans, ok?» 

Maman s’est avancée vers la château, en me tendant la main. J’ai fait quelques petits pas derrière elle, comme pour réaliser ce qui m’arrivait. Et je l’ai suivie. 

Je suis bien.

– Carolanne Foucher

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