Commande de Romane

« Texte fantastique sur la fraternité. »

J’ai toujours su que j’étais magique. 

Du plus loin que je me souvienne, il y avait quelque chose en moi, comme une lumière, ou je sais pas, qui s’allumait quand je me trouvais à proximité d’un cours d’eau. Je savais pas trop quoi faire avec ça, je savais pas trop ce que ça voulait dire non plus. 

Un jour j’ai pris une chance, c’était l’été, j’étais seule le long de la rivière Yamaska, et j’ai sauté. C’était dangereux – je le savais – mais je savais aussi qu’il n’allait rien m’arriver. Parce que l’eau, c’est mon élément. L’eau c’est ma soeur. Ça s’allume en dedans de moi quand j’y touche, quand je nage, quand je prends ma douche, même.

J’ai sauté dans l’eau, avec la conviction profonde que tout était à ma portée, que le courant me porterait là où je voulais aller. Et c’est exactement ça qui est arrivé. L’eau s’est organisée autour de moi, comme pour me propulser vers un nouvel endroit, tout en me laissant de l’espace pour que je puisse respirer. 

Quand je suis finalement remontée à la surface, la Yamaska était loin. En voyant le décor autour de moi, je me suis demandé si je m’étais endormie. Ça aussi, c’est dur à expliquer, mais même si j’étais dans un endroit où je n’avais jamais été, je savais où je me trouvais. C’est comme si l’eau me parlait. C’est comme si j’avais une soeur une permanence qui prenait soin de moi.

J’étais en Italie. En Sicile, pour être exacte. L’eau était chaude, beaucoup plus qu’au Québec, même en été. J’ai nagé jusqu’à la berge, mes pieds dans le sable, je savais que plus jamais ma vie ne serait pareille.

– Carolanne Foucher

Laisser un commentaire