« Ma sœur s’appelle Gabriella. J’aimerais avoir un texte en l’honneur de son chien Charlie, qui vient de décéder. »
Il y a comme une sorte de gêne, non?
Comme quelque chose, une convention ou
je sais pas quoi
qui nous retient de dire à quel point
c’est douloureux
de perdre un animal
C’est juste
un animal?
Ça n’occupe pas le même espace
ça n’occupe pas les mêmes fonctions
Et pourtant
Je pourrais me lancer
sur une affaire comme
le fait qu’ici, en Occident
on ne fait pas assez attention à nos vieux
C’est cave
je te préviens
mais je vais y aller :
il y a beaucoup de monde ici
qui vont pleurer leur chien
plus qu’un membre éloigné
de leur famille
un grand-père un peu colon
une grand-mère à qui on ne rendait pas visite
Ce n’est pas un sujet
particulièrement glorieux
on n’a pas défini d’espace clair
pour cette forme de peine-là
on n’a pas défini d’espace clair
pour parler de notre relation aux animaux
on ne se trouve pas
dans une société
qui a à coeur
tous les vivants
C’est presque pas un poème
Gabriella
C’est plus comme
une réflexion à voix haute
et un petit
je suis désolé
Je suis désolé
– Vincent Massé-Gagné
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