Commande pour Matthieu

« Est-ce que ce serait possible d’avoir un poème sur Clémentine qui conduit son traîneau à chiens à travers le temps et le Québec enneigé? »

De grosses peaux de lièvre tombent sur le nez de Clémentine. La fumée de son campe dessine des tresses dans le ciel. Ses vieux chiens dorment et les plus jeunes dansent autour d’eux. 

On dirait que le temps n’a pas d’effet sur elle. Je crois que Clémentine ne vit que dans l’hiver présent. Que lorsque l’on sort du bois, la meute entre dormance et les tempêtes sont suspendues.

Il n’y a rien que je sais faire comme elle. Si Charlevoix était une femme, elle porterait son nom. Moi je suis en béance. Je veux apprendre d’elle toute la force, toute la ruse. Je marche dans ses pas. Je regarde ses mains qui savent faire des nœuds.

On dit que dans le nordet siffle sa voix qui guide ses loups. J’en ai rêvé déjà, d’y entendre mon nom. Mais Clémentine ne l’apprendra jamais. Car Clémentine suffit à Clémentine.

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