« Est-ce que ce serait possible d’avoir un poème sur François Legault du haut du 16e étage de sa tour d’ivoire, l’édifice Price? »
ding!
le portes de l’ascenseur doré
dévoilent Sonia Lebel
qui porte le costume
de la Faucheuse
elle entre dans l’appartement
à pas feutrés
salut François
il ne lui répond pas
il est près de la fenêtre
il fume une cigarette
prend une gorgée de Pespi diète
il est préoccupé
et regarde plus bas
près de l’hôtel de ville
des citoyens s’agitent
Sonia se laisse glisser
sur le tapis persan
elle dépose sur la table basse
un cadeau d’hôte
il s’agit de sa tarte à la mauvaise foi
un dessert renversé
en croute de miettes de rêves déchus
de syndiquées de la FAE
François en sentant son odeur
se retourne lentement
embrasse au mur
la photo de sa soeur
puis tend la main dans le vide
Pierre Fitzguibon sort de l’ombre
où il imaginait
des nouvelles jobs payantes dans le nord
pour tous les québécois
saisit la main de la gauche
et la flatte de la droite
François pour toute réponse
lui fait sa fameuse moue
pleine de bonhomie
et le coeur de Pierre
se réchauffe lentement
Sonia coupe la tarte
en trois portions égales
tandis que Pierre
se rend à la fenêtre
prend une expression inquiète
et demande à François
mais qu’est-ce que c’est, papa?
Monsieur Legault répond
en serrant la mâchoire
ce sont de jeunes artistes
mon tout petit Fitzou
Pierre ouvre grand la bouche
des artistes, papa?
ceux qui se cachent sous mon lit?
sont-ils… subventionnés?
alors François
de son haleine sucrée
chuchote à son petit
sans doute, oui
mais au petit matin
quand le coq chantera
j’enverrai à Mathieu
un texto ambiguë
et ce tout sera réglé
n’y pense plus, maintenant
à ce moment précis
une neige délicate
se met à tomber sur Québec
et amène avec elle
un voile de nostalgie
de l’époque duplessiste
à tous les petits caquistes
puis Pierre, Sonia, François
enfilent leur pyjama
se réunissent près du feu
et entament une chanson
pour clore la soirée
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